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Commençons par les évidences :

La France est un pays structurellement de droite.

Même la Révolution Française, unanimement célébrée, ne fut qu'une prise de pouvoir politique de bourgeois qui s'empressèrent de supprimer les corps intermédiaires les ayant si souvent empêchés d'accéder au pouvoir, tout en libérant accessoirement d'autres personnes qu'eux mêmes de ces fameux corps.
Robespierre, en tant que romantique révolutionnaire, crut qu'il suffisait de couper des têtes pour empêcher que ne repousse ces outils de contrôle social avec l'insuccés qui fut le sien.
Après la période d'agiotage et de boursicotage qui s'ensuivit, une crispation autoritaire se fit jour et Napoléon advint.
Ensuite, pendant tout le XIXeme siècle, le dénir d'organisation favorisa la prise de conscience individuelle avec des tentatives d'organisation à taille humaine ( compagnons, phalanstères, Cabet....) pour déboucher sur des démarches anarchistes avec autoorganisation en fonction des évènements.
Il fallait dont juguler tout cela et les syndicats furent légitimés en 1884.

Jusqu'à être défendus par Fillon lors de la dernière campagne de Sarkozy du second tour.

Quelle que soit la majorité qui sortira des urnes en juin prochain ( le 10 et 17 ) elle reflèrera un équilibre des forces à droite ou nous trouverons des blocs du FN, de l'UMP et même du Centre qui se partageront les 57% de vote de droite du 1er tour des présidentielles.
Le vrai pouvoir politique reste celui de voter les lois et non de les émettre ou de les appliquer.
Les lois étant battues en brèche par les contrats dans la sphère économique et les règlements dans la sphère administrative.
Il est évident que même une victoire aux législatives ne consistera qu'à habiller les décisions prises ailleurs.

Aprés cinq ans de ce régime que restera t'il de la présidence Hollande sinon un boulevard ouvert à un Sarkozy ou à un de ses émules, régénrés dans une pseudo-opposition qui consistera juste à critiquer des décisions qui profiteront toujours aux mêmes avec un habillage moins outrancier.

L'alliance UMP-FN déjà en préparation avec la Droite Populaire beaucoup plus vivace que l'aile centriste de l'UMP qui bat de l'aile.

Alors oui l'antipathique Sarkozy est parti.
Alors oui le PS peut avoir tous les leviers politiques français.
Alors oui on a un président qui se veut normal et honnête.

Mais les retraités ont voté Sarkozy et Fillon, les ouvriers ont voté FN, les jeunes ont voté dans les proportions moyennes du vote ( alors qu'ils étaient plutôt à gauche avant ).

Les retraités raisonnent en propriétaires, les ouvriers ont expérimenté que leurs luttes sont barrées par les syndicats et, si elles ont lieu dans une usine, aboutissent à la fermeture de l'usine. Quand aux jeunes les études aboutissent de moins en moins à quelque chose, l'accés au travail est bouché et la croyance en eux-mêmes ou en quelque chose d'autre est battue en brèche.
Se replier par force dans le cocon familial quand il existe n'est pas un choix mais une réalité.

Que reste t'il donc à ce Hollande qui arrive ?

Un sens du consensus mais comme les parties en présence font défaut ca ne va pas bien loin.
Une capacité de manoeuvre mais comme les leviers sont ailleurs, cela reste théorique.
Un sens de l'Etat mais celui-ci est vérolé de sarkozistes à tous les étages de décision.

On peut me rétorquer : C'est quand il n'y a plus d'espoir que celui-ci est nécessaire ou réparer c'est agir....

Mais tout cela c'est encore croire que le peuple ( qui est de plus en plus une fiction )a mis un des siens au pouvoir.
Ceux qui n'ont pas de maîtrise sur les aspects économiques, culturels, relationnels et politiques de leur vie ne sauraient par les quelques secondes que prend un vote agir sur les cinq ans à venir.

Quelques-uns disent : Nous ferons pression sur Hollande dans la rue, nous n'avons pas donné un chèque en blanc.

La belle affaire : Aucun contrôle sur les médias ni sur les représentants autodésignés de votre pression....

Tant qu'il y aura quelque chose à partager, cela ne sera pas pour vous et quand il n'y aura plus rien, un prurit autoritaire saura vous faire comprendre qui est le maître.

Donc aucune confiance dans la parenthèse Hollande et aucune vigilance...